Les ETA bruxelloises tirent la sonnette d’alarme : un secteur fragilisé par le blocage politique

En juin 2025, le secteur bruxellois du handicap s’est mobilisé pour alerter sur les conséquences concrètes du blocage politique qui durait alors depuis plus d’un an.

Durant toute la semaine précédant le 19 juin, de nombreuses associations, centres d’activités de jour, logements collectifs adaptés, services d’accompagnement et Entreprises de Travail Adapté ont partagé sur les réseaux sociaux des photos et vidéos mettant en scène des chaises vides.

Un symbole simple, repris collectivement à travers Bruxelles, pour illustrer une réalité préoccupante : sans gouvernement et sans décisions politiques, ce sont les services, les emplois et l’accompagnement des personnes en situation de handicap qui risquent à leur tour de disparaître.

Cette mobilisation sur les réseaux sociaux a culminé le 19 juin 2025, lorsque la FEBRAP, l’ACSEH, l’ANCE et ASAH-BXL se sont rassemblées avec leurs membres devant le Parlement francophone bruxellois. Sur place, un alignement de chaises vides est venu matérialiser le message porté durant toute la semaine : « Une chaise vide au gouvernement aujourd’hui, ce seront des chaises vides demain dans nos établissements. »

Les Entreprises de Travail Adapté sous pression

Pour les 12 Entreprises de Travail Adapté (ETA) bruxelloises, la situation est particulièrement préoccupante.

Hausse des coûts, désindustrialisation de Bruxelles, évolution vers des métiers de services plus complexes, besoins d’accompagnement croissants des travailleurs et encadrement devenu insuffisant : le modèle économique et social des ETA est soumis à une pression toujours plus forte.

En mai 2024, une étude menée par le CIRIEC à la demande du Cabinet Vervoort avait pourtant objectivé la nécessité de faire évoluer le modèle des ETA bruxelloises et formulé 21 actions concrètes pour renforcer leur viabilité tout en leur permettant de poursuivre pleinement leur mission d’inclusion professionnelle.

Le chantier qui devait en découler avec le secteur, l’administration et le futur Cabinet en charge du Handicap n’a cependant pas pu être lancé en raison du blocage politique bruxellois.

Pendant ce temps, malgré les aides exceptionnelles obtenues, certaines ETA doivent puiser dans leurs réserves pour maintenir leurs activités et leurs emplois. Sans évolution structurelle du modèle, la pérennité de l’emploi de personnes en situation de handicap est directement menacée.

Une mobilisation largement relayée

L’action du 19 juin a permis de porter cette urgence au-delà du secteur et d’attirer l’attention des médias sur les conséquences très concrètes de l’impasse politique pour les personnes en situation de handicap, les travailleurs et les organisations qui les accompagnent au quotidien.

Cette visibilité est essentielle : derrière les difficultés financières des ETA, c’est avant tout l’accès à un emploi adapté et durable de personnes en situation de handicap qui est en jeu.

La FEBRAP appelle à des solutions structurelles

La FEBRAP représente les 12 ETA agréées et subsidiées par la COCOF, qui emploient 1.450 travailleurs en situation de handicap et 350 travailleurs d’encadrement, dans plus de 60 métiers.

Notre message aux responsables politiques bruxellois reste clair : le secteur a besoin d’un interlocuteur, de perspectives budgétaires et d’un travail de fond sur l’avenir du modèle des Entreprises de Travail Adapté.

Il est urgent de garantir aux ETA les moyens de poursuivre durablement leur mission sociale et économique et de préserver l’emploi des personnes en situation de handicap à Bruxelles.

Consulter le communiqué de presse complet : « SOS : Bruxelles sans gouvernement depuis un an »

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