La FEBRAP réagit aux propos erronés diffusés dans certains médias ce 29/05

Droit de réponse – Communiqué de presse du 1er juin 2026

Suite à un communiqué de presse diffusé par les organisations syndicales du secteur des entreprises de travail adapté (ETA) bruxelloises, la FEBRAP souhaite corriger les informations erronées relayées par certains médias.

Face à ces allégations erronées la FEBRAP constate un manque de connaissance du secteur par les organisations syndicales et dénonce une volonté d’induire les travailleurs du secteur en erreur et une tentative de désinformation de l’opinion publique.

1/ Selon les organisations syndicales un travailleur en ETA gagne 1.200€ pour un temps plein

FAUX : les travailleurs du secteur touchent au minimum le RMMMG (revenu minimum mensuel moyen garanti). Celui-ci est à ce jour de 2.189,81€ brut pour un temps plein. Grâce à différentes mesures du fédéral (bonus à l’emploi et réductions sur cotisations) les travailleurs du secteur touchent plus de 2.000€ net pour un temps plein.

2/ Selon les organisations syndicales la prime en cas de chômage temporaire s’élève actuellement à 7,20 € (en plus de la rémunération pour chômage temporaire)

FAUX : les travailleurs reçoivent un supplément de chômage de 5 euros par jour imposé aux employeurs par le fédéral (montant indexé) + un complément sectoriel de 4 euros par jour.

3/ Selon l’information reprise sur le site de la CSC, les organisations syndicales ont déposé un préavis de grève suite à la décision des employeurs de quitter la table des négociations

FAUX : s’il est vrai que les employeurs ont quitté la table des négociations, ils ont quitté celle-ci suite à l’annonce du dépôt d’un préavis de grève après leur refus d’imposer à tout le secteur l’octroi/augmentation des chèques-repas.

POUR RAPPEL : LES ETA SONT EN DIFFICULTE DEPUIS 2019

Le travail adapté bruxellois est à bout de souffle depuis des années, présentant un résultat d’exploitation sectoriel négatif depuis 2019. Chargées de l’intégration socioprofessionnelle de 1 450 personnes en situation de handicap, les 12 entreprises de travail adapté (ETA) bruxelloises, mandatées par le gouvernement de la Cocof et constituées en asbl, peinent de plus en plus à assurer parfaitement leur mission sociale.

Les marchés traditionnels sous-traités auprès des ETA évoluent ou disparaissent de Bruxelles. Le travail sur des chaînes de production – activité très répandue dans le secteur – devient rare en raison de la désindustrialisation de Bruxelles, de la mécanisation des tâches et de la main d’œuvre low cost étrangère. Cette situation menace gravement les emplois des travailleurs en situation de handicap. Pour compenser ces marchés qui s’évaporent, les ETA – entreprises placées en situation de concurrence sur le marché – innovent en développant des activités économiques plus en lien avec la demande bruxelloise.

Si ces métiers de service répondent mieux aux objectifs d’inclusion en renforçant les contacts entre les travailleurs du secteur et la clientèle, ils sont cependant techniquement plus élaborés et, pour rester accessibles aux personnes en situation de handicap, ils exigent un encadrement plus important et adapté que les règles de la Cocof ne permettent pas. Par ailleurs, l’absentéisme augmente, notamment en raison du vieillissement des travailleurs et des maladies de longue durée, absences liées à la fragilité inhérente des personnes porteuses de handicap. Les ETA doivent aussi faire face à des problématiques spécifiques de handicap social et psy, qui nécessitent un suivi constant et spécialisé.

Jean Wouters, Président de la FEBRAP, résumait déjà la situation en 2024 : « La Belgique est le seul pays européen qui assure à ses travailleurs le salaire minimum moyen garanti. Avant cela fonctionnait, car les subsides publics compensaient globalement la perte de productivité liée aux handicaps de nos travailleurs. Cela nous permettait de jouer à jeu égal avec les entreprises qui n’engagent pas de personnes en situation de handicap. Ce n’est plus le cas depuis des années car le type de missions confiées aux ETA a changé alors que les règles qu’on nous impose et nos subventionnements ne sont plus adaptés. Par ailleurs, dans les autres pays européens, les entreprises sont soit sanctionnées quand elles ne collaborent pas avec le travail adapté (via l’imposition de quotas d’engagement notamment), soit récompensées quand elles le font (par exemple via une réduction des obligations). En Belgique, nous n’avons aucun des deux systèmes. Les politiques doivent comprendre que sans carotte, sans bâton, sans règles adaptées et sans subventionnement suffisant… maintenir l’équilibre économique et social dans les ETA devient impossible. »

En 2023, le Cabinet de Rudi Vervoort, ancien ministre de tutelle du secteur, commanditait une étude au CIRIEC (Centre International de Recherches et d’Information sur l’Economie Publique, Sociale et Coopérative). Cette étude a délivré ses résultats juste avant les dernières élections régionales, en mai 2024, et a objectivé les propos du secteur. Les chercheurs ont émis 21 recommandations à destination du gouvernement et de la Cocof pour sauver le secteur à long terme.

Le blocage politique qu’a connu la Région bruxelloise a postposé toute réflexion durant plus de 600 jours. A présent le secteur peut compter sur un nouveau ministre de tutelle mais le Cabinet Hublet a été constitué il y a deux mois à peine et les réflexions doivent reprendre.

Quelles suites au blocage actuel ?

Le point de blocage actuel concerne l’augmentation/octroi de chèques-repas à tous les travailleurs du secteur.

Comme l’a indiqué la FEBRAP aux représentants des travailleurs, une telle mesure ne peut pas être imposée à toutes les ETA du secteur aujourd’hui sur fonds propres, dans la mesure où cette décision relève de chaque ETA et de son conseil d’administration. Si les chèques-repas sont déjà octroyés dans la majorité des ETA, historiquement, celles-ci ont développé des politiques d’avantages extra-salariaux différentes selon leurs réalités économiques respectives (assurance groupe, assurance hospitalisation, primes diverses, jours de congés supplémentaires, repas chauds sains à partir de 3€ dans certaines ETA, …).

Si les employeurs entendent pleinement les préoccupations des travailleurs concernant le pouvoir d’achat, ils rappellent qu’à ce jour de nombreuses ETA ne disposent pas des marges nécessaires pour absorber une charge supplémentaire structurelle sans fragiliser davantage leur équilibre financier. C’est pourquoi les employeurs ont proposé, avant un quelconque accord aux syndicats, d’approcher le Cabinet pour voir ensemble si une solution pouvait être dégagée.

Les employeurs rappellent aussi leur volonté de reprendre les négociations sur les autres revendications portées par les organisations syndicales.

Reprises presse :

La Libre Belgique a publié cet article : “La Fédération des entreprises de travail adapté recadre certaines affirmations syndicales

La DH a publié le même article de presse : “La Fédération des entreprises de travail adapté recadre certaines affirmations syndicales”

Le 3 juin, notre droit de réponse a été intégré au bas des articles publiés par la RTBF et BX1.

La Fédération bruxelloise des Entreprises de Travail adapté (FEBRAP) réagit aux propos erronés diffusés dans certains médias ce 29/05

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