Journée Internationale des Personnes Handicapées

Ce lundi 3 décembre 2012, à 10h, la FEBRAP a rassemblé symboliquement 100 travailleurs handicapés au Mont des Arts à l'occasion de la 20ème Journée Internationale des Personnes Handicapées. Une façon d'interpeller les politiques sur des mesures pour favoriser l'emploi de personnes handicapées, via l'obligation de mettre directement ou indirectement à l'emploi un quota de personnes handicapées dans les administrations publiques et les entreprises privées. Tout comme en France, en Allemagne, en Italie, en Autriche, et depuis peu, aux Pays-Bas.

Dans la plupart des pays européens, le taux d'emploi des personnes handicapées dans le milieu ordinaire ou adapté est supérieur à celui atteint par la Belgique. La raison ? Le législateur y a contraint les entreprises privées et les administrations publiques à engager un quota de personnes handicapées avec la possibilité de répondre partiellement à cette obligation en achetant des services ou des produits au secteur adapté.

En Belgique, la loi du 16 avril 1963 relative au reclassement social des personnes handicapées prévoit un quota d'occupation dans les entreprises publiques et certains organismes d'intérêt public occupant au moins 20 travailleurs. Elle n'a jamais été appliquée...

Nous demandons aux autorités belges de donner les moyens à la loi de 1963 de sortir ses effets et d'adopter des mesures législatives similaires aux pays limitrophes.

"Nous revenons de France, où le quota est fixé à 6%. Nos confrères français ne comprennent pas comment nous survivons économiquement sans ces mesures. Malheureusement, nous devons faire le constat que seule la contrainte légale, assortie de sanctions, permettra de remédier à la sous-représentation des personnes handicapées sur le marché de l'emploi", explique Benoît Ceysens, président de la FEBRAP.

Un cliché de 3%

100 travailleurs, issus des 13 entreprises de travail adapté bruxelloises, se sont rassemblés, le temps d'un cliché photo sur les marches du Mont des Arts. Trois d'entre eux ressortaient visuellement. Cette initiative imagée visait à demontrer que 3 personnes sur 100, c'est peu, et que l'effort à consentir paraît réaliste.

Ces travailleurs extra-ordinaires portaient leurs habits de travail. Une manière de symboliser que les personnes en situation de handicap proposent des compétences et des capacités. Elles veulent que leurs productions ou services soient achetés pour leur qualité et parce qu'ils répondent aux besoins de leurs clients.

Malheureusement, le travail hautement qualitatif fourni par les entreprises de travail adapté n'est plus un incitant décisif à l'heure de la main-d'oeuvre low cost des pays émergents et des prisons, qui pratiquent des tarifs hors concurrence. Et les entreprises qui, encouragées par leur responsabilité sociétale, choisissent de s'adresser à nos structures, ne sont pas suffisamment nombreuses pour assurer la pérennité des emplois des 1450 travailleurs handicapés bruxellois. Raison pour laquelle nous plaidons pour une législation qui les favorise.

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